objectifs du site

  • Répertorier au moins une centaine de romans dystopiques parus de 1920 à nos jours
  • Les classer chronologiquement et par thème au sein de rubriques représentatives des grandes interrogations de l’époque
  • Les analyser en les situant dans l’évolution socio-historique qui les a vu naître

Le site est évolutif, il sera complété en permanence avec des textes anciens redécouverts ou avec des œuvres nouvellement publiées.

Les fiches éditées sur le site peuvent être également modifiées, complétées, amendées, en fonction de nouvelles lectures ou de critiques pertinentes.

Enfin, les œuvres recensées ne possédant pas toutes le même statut en termes littéraire, culturel ou historique, elles sont classées et signalées, pour les plus remarquables, par une, deux ou trois étoiles.

nouvelles fiches

Derniers livres chroniqués

LES BOUFFEURS ANONYMES | Marie ALINE

L'auteure, critique gastronomique renommée, centre d'abord son propos sur la cuisine, les addictions alimentaires, les nouvelles normes. Mais très vite, sa vision s'élargit et aborde l'exercice du pouvoir et ses dérives pour révéler des scènes déroutantes voire dérangeantes qui n'échappent pas toujours à une certaine complaisance. Cette dystopie culinaire est...

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L’OBSCUR | Philippe TESTA

Roman du désenchantement, l’œuvre de Philippe TESTA doit beaucoup à la Suisse, patrie de l'auteur. Le texte relève d'un puissant contraste puisqu'il s'agit de décrire et d'analyser le choc que provoque dans un des mondes les plus policés d'Europe, la disparition de l'énergie électrique. L'auteur, dans ce futur proche, force...

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LES OLYMPIADES TRUQUÉES | Joëlle Wintrebert

D'abord roman du clonage et de "l'homme augmenté", Les olympiades truquées abordent aussi les thèmes du contrôle social, de la condition féminine, du dopage, etc. Le sujet du dopage dans le sport devient progressivement dominant mais cela éclipse alors l'ensemble des problématiques plus larges, liées au Transhumanisme, qui donne tout son...

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L’AGE DE CRISTAL | William F. NOLAN et George C. JOHNSON

Roman mineur au grand succès, le roman aborde le thème de la surpopulation sur une planète totalement connectée par des tunnels et gérée par un ordinateur central. L'option choisie est radicale et s'éloigne de celles, plus classiques, choisies en général par la littérature d'anticipation. Pas de régulation, voire d'interdiction des...

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LE MONDE ENFIN | Jean-Pierre ANDREVON

Dès le préambule, J-P Andrevon décrit son projet : traiter “ ce vieux fantasme de la Terre libérée de l’Homme pour être rendu au reste de la Création”. Après une pandémie mondiale, la planète est donc rendue à la végétation et au règne animal. Les rares survivants, octogénaires pour la...

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MACHA OU LE IVe REICH | Jaroslav MELNIK

Parabole glaçante, le roman entre de plein pied dans la rhétorique des militants animalistes les plus contemporains. Jaroslav MELNIK la consommation de chair animale. Pour que la démonstration soit plus efficace, il a recours à l'artifice classique de l'assimilation de l'homme à la viande de boucherie.

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A LA UNE

LES MÉTÈQUES | Denis LACHAUD

Dans un avenir proche, la région Provence est dominée par des forces réactionnaires qui appliquent le principe de la priorité nationale. Gare à ceux qui ne peuvent prouver la « pureté » de leurs origines, malheur à ceux qui ne descendent pas de la bonne « souche ».L’auteur propose donc une synthèse de toutes les terreurs et la rend actuelle dans un futur vraisemblable où la chasse aux « métèques » sera ouverte. Cette dystopie minimaliste est écrite à « hauteur d’homme ». Le récit est incarné par un jeune narrateur qui subit la situation sans réellement la comprendre. Il n’y a ici aucune généralisation, aucune analyse en surplomb, juste l’existence vécue par des « étrangers » ou jugés tels, exclus de la vie ordinaire des « français de souche », ces « blancs » qui ne supportent pas les individus plus « colorés » qu’eux.

L'ENFANT DE LA PROCHAINE AURORE | Louise ERDRICH

Roman de la filiation, de la procréation, de la dénonciation politique, historique, religieuse, l’œuvre de L. ERDRICH est surtout multiple et complexe. Long monologue, écrit à l’intention d’un enfant en gestation par sa jeune mère d’origine indienne, « L’enfant de la prochaine aurore » mélange les univers, les intrigues, les messages jusqu’à satiété. Cette impression de « trop plein » ne nuit pas toutefois au plaisir de la lecture. La force de la démonstration s’affirme peu à peu, la légèreté s’éloigne, les ombres progressent dans un monde finissant où les éléments religieux les plus rétrogrades prennent le pouvoir pour réduire les femmes à leur rôle ancestral, la reproduction.

LE PETIT POLEMISTE | Ilan DURAN COHEN

Dystopie ironique sur le monde qui vient, le roman de I. Duran Cohen n’hésite pas à forcer le trait et à revendiquer un ton satirique. Tous les engagements vertueux d’aujourd’hui, qu’ils témoignent du statut de la femme, des valeurs écologiques, de la place de l’animal sont devenus les cauchemars de demain. Entre Kafka et la Chine contemporaine, la future France dépeinte par l’auteur ne fait pas rêver. Le « meilleur des mondes » est pour bientôt, là où autoritarisme et bien-pensance règnent, là où la délation citoyenne est encouragée, là où le peuple refuse toute différence.

APRES LE MONDE | Antoinette RYCHNER

Beau roman, écrit, chanté, scandé, sur la fin du monde, de notre monde. Tout commence en 2023 avec la catastrophe climatique et l'effondrement des structures économiques qui s'ensuit. Deux femmes racontent les causes et les processus, témoignent du passé et du présent, élaborent une « épopée » pour échapper aux destructions et à la mort, même si en 2049, le récit clôturera leurs destins sans ouvrir de réelles perspectives. Ce roman, sombre donc, est également une « performance » financée par une bourse culturelle suisse et mise en œuvre lors de représentations théâtrales dans différents lieux.

LES FLEURS DE L'OMBRE | Tatiana de ROSNAY

Roman très contemporain où l’auteure semble se confondre avec l’héroïne : même métier, même hérédité, même bilinguisme, même localisation dans le cœur de Paris… Roman qui hésite surtout entre quatre thèmes : celui de la ville détruite par la Catastrophe, ici le terrorisme, et marquée par les aléas climatiques ; celui du récit familial, avec perte d’enfant, relations difficiles entre générations et trahison dans le couple ; celui de l’évocation littéraire entre théorie et notices biographiques sur Romain Gary et Virginia Woolf ; et enfin, peut-être le principal, celui de la révolte contre les robots et les Intelligences Artificielles.

LES TESTAMENTS | Margaret ATWOOD

Roman opportuniste pour les uns, récit indispensable pour les autres, « LES TESTAMENTS » constitue la suite d'une œuvre mondialement reconnue «LA SERVANTE ECARLATE». Il n'est jamais facile d'écrire une suite, un prolongement à un chef d’œuvre. Margaret ATWOOD n'échappe pas à la difficulté, son roman n'est pas sans intérêt, il est même captivant et remarquablement construit, mais il souffre de la comparaison avec le premier opus. Le contexte sociétal est le même, l'auteure plonge son lecteur dans les arcanes de « la théocratie puritaine » de Gilead (devenue Galaad dans la traduction du second tome). Elle en décrit la construction, tout au moins en ce qui concerne la sphère des femmes, le fonctionnement, et annonce sa disparition.

VOX | Christina DALCHER

Roman d’alerte sur les risques du puritanisme et de la misogynie évangélistes aux Etats-Unis, VOX illustre une difficulté inhérente à de nombreuses dystopies littéraires. Comment développer une idée intéressante, novatrice, éclairante sans négliger les indispensables attraits romanesques de l’intrigue et les qualités du style ? Le roman n’échappe pas à cet écueil. Il propose un thème original (limiter l’usage de la parole pour les femmes comme symbole de leur état de soumission à la religion et donc aux hommes) mais il noit ce cauchemar dans une histoire, à la fois scientifique, donc peu compréhensible, parfois maladroitement romantique, donc niaise, souvent « granguignolesque », donc ridicule.

CADAVRE EXQUIS | Agustina BAZTERRICA

Roman fort, donc, littéraire dans sa forme, il marque le lecteur surtout si celui-ci s’interroge sur les aspects morbides de la consommation carnée. Playdoyer «vegan», en quelque sorte, CADAVRE EXQUIS pose une pierre supplémentaire sur le mur qui s’élève peu à peu entre l’homme et la «viande». Le roman vient d’Argentine, haut lieu de l’élevage des bétails à viande. Ce n’est certainement pas un hasard. Primée (prestigieux Prix Clarin) et saluée par la critique, l’œuvre n’est pourtant pas exempte de simplifications faciles ni d’artifices convenus. Mais aujourd’hui, en ces temps d’interrogation sur le statut de l’animal, le discours anti-spéciste gagne les milieux intellectuels et toutes les provocations qui condamnent l’élevage, l’abattage et donc la consommation de viande sont saluées avec enthousiasme.

ROUGE IMPERATRICE | Leonora MIANO

La romancière franco-camerounaise, Leonora MIANO, offre dans ce très long feuilleton, plus de 600 pages, une vision panafricaine originale et puissante. Roman de l'inversion du monde, ROUGE IMPERATRICE concrétise l'espoir d'une revanche, tant attendue, sur les humiliations du passé . Cette « guerre de civilisation », gagnée dans l'élégance et la sérénité, n'évite pas toutefois les effets de symétrie, si appuyés qu'ils finissent par affaiblir le propos. Les dominants sont les dominés d'autrefois, les « noirs » réagissent, jusqu'à la caricature, comme les « blancs » de naguère, l'Afrique prend la place de l'Europe. Terme à terme, les situations se répondent en remarquables reflets dans le miroir de l'histoire, même si un peu plus de complexité aurait pu enrichir le « retournement radical » proposé, avec encore plus de grandeur morale et de véracité politique.

LES FURTIFS | Alain DAMASIO

A la fois roman dystopique (critique de la société libérale qui aliène les individus), roman d’amour fou (parents à la recherche de leur fille disparue), roman fantastique (création de nouveaux êtres, les « furtifs »), roman manifeste (proposition d’une autre politique pour permettre à l’homme de vivre libre, ouvert aux autres, éminemment « vivant »), roman d’écriture et de style (création d’une langue, d’une ponctuation, d’une typographie, presque d’une musique), « LES FURTIFS » peut être considéré comme un roman total, celui d’une génération, d’un courant de pensée, presque d’une société en devenir.

TRANSPARENCE | Marc Dugain

L’auteur situe l’action en 2060, dans une société intégralement connectée. Les algorythmes gouvernent les vies. Volontairement, chacun fournit ses données personnelles et accepte d’être analysé, scruté, étudié par de multiples capteurs, caméras et micros. En échange, il est rémunéré et reçoit une note qui le place sur une échelle de 0 à 10, en fonction de son implication dans la société de contrôle qui règne sur la Terre. L’héroïne, Cassandre, ayant perçu les implications de ce mode d’organisation sociétale, crée une agence matrimoniale d’un nouveau genre. C’est l’ordinateur, chargé de l’ensemble des paramètres de vie des individus, qui forme les couples. Ainsi dans ce monde nouveau, le divorce régresse et les unions, dans 90% des cas, résistent et perdurent.