Ce célèbre roman post-apocalyptique est considéré comme l’un des chefs-d'œuvre du XXIem siècle. Le récit décrit une humanité qui tente de survivre avec ses acquis, son passé, son histoire dans un contexte de violence et de barbarie. Sur une route indéterminée, un père et son fils avancent vers un avenir...
LirePublié le 19 mars 2026
« La Route », célèbre roman post-apocalyptique, est considéré comme l’un des chefs-d’œuvre du XXIem siècle.
Le récit décrit une humanité qui tente de survivre avec ses acquis, son passé, son histoire dans un contexte de violence et de barbarie.
Sur une route indéterminée, un père et son fils avancent vers un avenir indéfini et font tout, au travers des relations qui les lient, pour préserver les ultimes qualités indissociables de la condition humaine.
Le roman atteint ainsi une dimension métaphysique qui fait de ce texte, une œuvre exceptionnelle.
Publié en 2006 aux USA, le roman est traduit en français en 2008, par les Éditions de l’Olivier.
Il est ensuite publié en poche par Points (P2156). Cette dernière édition fait ici référence.
LE CONTEXTE
Un cataclysme inconnu, peut-être d’origine nucléaire, a ravagé la Terre. Les villes comme les paysages disparaissent sous les cendres. Il n’y a plus de traces de la faune, guère plus des hommes. De rares survivants se cachent pendant que d’autres vivent comme des bêtes, pratiquant même le cannibalisme.
« Le monde allait être bientôt peuplé de gens qui mangeraient vos enfants sous vos yeux et les villes elles-mêmes seraient entre les mains de hordes de pillards « (page 162).
Un père et son fils suivent la route vers le Sud avec leurs maigres richesses entassées dans un caddie de supermarché. Il fouillent les ruines, recherchent les derniers aliments consommables, les outils et les vêtements pouvant servir.
Ils ont froid, ils ont faim, ils survivent et vont leur chemin malgré tout.
L’INTRIGUE
Le père (l’homme) et son fils (le petit) constatent qu’ils ne peuvent survivre dans le froid du Nord, il leur faut donc prendre la route.
Ils poussent un caddie et portent chacun un sac à dos. Autour d’eux, pas de couleurs, juste le gris des cendres, le noir du macadam.
Le père récupère tout ce qui peut servir dans les ruines à l’abandon qu’il croise au fil de sa progression.
Ils vont dans le froid intense, traversent des villes dévastées et abandonnées. Parfois une maison, un supermarché livrent un trésor comme une canette de Coca-Cola!
Sous la neige grise, ils avancent de quelques kilomètres par jour. Il faut qu’ils atteignent la crête pour redescendre vers le Sud…
Le chemin se poursuit avec son lot de ruines fouillées, d’efforts vains, de regrets du passé tout en favorisant les relations étroites, émouvantes entre un père vieillissant et un fils attentif et aimant. Et puis il y a les mauvaises rencontres, ils doivent se cacher, fuir et parfois se défendre et tuer.
Ils affrontent des scènes terribles, doivent résister aux menaces d’êtres déchus qui se nourrissent de chair humaine.
Tenaillés par la faim, ils se nourrissent de graines de céréales, de pommes fanées.
Alors qu’ils sont à bout et craignent pour leur vie, ils découvrent enfin un abri avec de grandes réserves de conserve, des vêtements, du pétrole. Ils reconstituent leurs forces et après quelques jours de repos, ils rechargent le caddie et reprennent la route. Celle-ci est monotone, interminable .
Bien sûr, les provisions finissent par manquer à nouveau car la côte est encore lointaine.
« Le pays avait été ratissé et pillé des années plus tôt et ils ne trouvaient rien dans les maisons ni dans les bâtiments au bord de la route » (page 163).
L’homme est de plus en plus malade, il tousse, il crache du sang. Le petit observe son père, il apprend peu à peu les leçons qui lui permettront peut-être de survivre.
Et enfin c’est la mer, ni bleue, ni belle mais présente.
« Là-bas c’était la plage grise avec les lents rouleaux des vagues mornes couleur de plomb et leur lointaine rumeur. Telle la désolation d’une mer extraterrestre se brisant sur les grèves d’un monde inconnu. « (page 192).
Ils trouvent un voilier échoué avec quelques vêtements utilisables, des conserves cabossées, des outils rouillés , une bâche plastique, toutes choses utiles pour des survivants.
Ils s’installent sur la plage et se reposent.
Mais l’état de l’homme empire, il est mourant. Le petit le veille. Son père l’incite à poursuivre seul vers le Sud et lui dit : « fais tout comme on le faisait ».
Après 3 jours de veille de son père mort, le petit est recueilli par une famille de survivants.
Il pourra poursuivre sa route… en pensant à son père.
« Je te parlerai tous les jours (…) Et je n’oublierai pas. Quoi qu’il arrive. Puis il se releva et fit demi-tour et retourna sur la route » (page 252).
CONCLUSION
Cette œuvre remarquable se présente à la fois comme un guide de survie après l’apocalypse, un manuel d’apprentissage et de communication entre un père et son fils, une tentative pour garder un peu d’humanité lorsque toute trace de civilisation a disparu.
Quoiqu’il en soit, « La Route » reste le roman phare de la fin du monde, celui qui résume tout et inspire les œuvres qui l’ont suivi.
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