PANORAMA | Lilia HASSAINE

Le roman dystopique "Panorama" s'inscrit dans l'air du temps. Lilia Hassaine, journaliste et jeune autrice de talent, s'attaque au "Mantra" de l'époque, la Transparence et à son corollaire, la fin de toute vie privée. Elle renoue ainsi avec la grande tradition de " la maison de verre ", thème traité par Zamiatine, Huxley, Rand, Frank et bien d'autres. Symbolisée par l'utilisation généralisée du verre, l'organisation du nouveau monde interdit toute dissimulation, toute retenue, toute discrétion donc toute ambiguïté. En fait, la Transparence totale conduit toujours à la dictature, semble vouloir dire la romancière.

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LA MARQUE | Frida ISBERG

Dans ce roman islandais, le contrôle social devient un contrôle psychologique. Dans une société restreinte et insulaire, chacun doit prouver sa sociabilité. L'autrice explore un nouveau type de clivage et de discrimination. Ce n'est plus l'âge, la naissance, la classe sociale, les caractères ethniques, la religion, la richesse, le sexe, les convictions politiques, la santé, l'intelligence, (tous ces critères qui ont inspiré maints récits dystopiques), il s'agit d'un facteur plus flou mais aussi plus global, l'empathie.;

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ET C’EST AINSI QUE NOUS VIVRONS | Douglas KENNEDY

Dystopie politique sur la guerre des civilisations, le roman de Douglas Kennedy ne laisse guère d'espoir. Ou nos sociétés sombrent dans l'obscurantisme religieux le plus rétrograde, ou elles appliquent la surveillance technologique généralisée. En d'autres termes, le choix se situe entre la théocratie évangéliste de "La servante écarlate" (Margaret Atwood) et le totalitarisme de Big Brother de "1984" (George Orwell).

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LA SERVANTE ÉCARLATE | Margaret Atwood

Avec ce roman, la grande autrice canadienne signe son premier récit dystopique. Les multiples adaptations (cinéma, opéra, ballet,...) et en particulier celle de la télévision ont offert à cette œuvre à la fois une exposition extraordinaire et une actualité inégalée. Publié en 1985 et un peu oublié, le livre est alors devenu l'étendard de toutes les révoltes féministes. Pendant le mandat du Président Trump, on a même vu se multiplier les manifestantes en robe écarlate et en cornette blanche à l'image des héroïnes de Margaret Atwood.

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ADA | Antoine BELLO

Le roman de Antoine Bello propose une réflexion devenue récurrente sur l'Intelligence Artificielle (I. A.). L'ordinateur peut-il échapper au contrôle de son programmeur ? Peut-il dominer l'homme et se retourner contre lui, voire le combattre ? Peut-il surtout prendre sa place ? La figure du Professeur Frankenstein est, évidemment, convoquée comme l’est la référence à Isaac Asimov et à ses lois sur la robotique. Les thèmes sont abordés, les uns après les autres, sans grande surprise. Toutefois, ce roman publié en 2016, rejoint une actualité très prégnante, ce qui lui donne une étonnante capacité à poser les questions récentes sur la création assistée par ordinateur et sur le rôle dévolu aux nouveaux logiciels dont l’emblématique CHAT GPT, depuis 2023.

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QI | Christina Dalcher

L'auteure de Vox s'attaque à un sujet qui revient à la mode dans de nombreux pays et tout d'abord en Asie où la Chine est en pointe dans ce domaine : l'eugénisme. Et met en exergue une idée centrale, l'individu vaut uniquement pour son score de quotient intellectuel (QI). Ainsi, dès l'enfance, chacun est classé selon ses résultats aux tests et toute sa vie en dépend. Il est alors inévitable que l'on remonte au stade prénatal pour déterminer les potentialités du nouveau-né.

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1984 | George ORWELL

L’œuvre de George ORWELL, de son vrai nom Eric Arthur BLAIR, est LE roman dystopique par excellence. Emblématique d'un courant littéraire, « 1984 » constitue le fondement de la critique métaphorique des régimes policiers et totalitaires, des sociétés de contrôle et de surveillance et, plus largement, de toutes les atteintes aux libertés individuelles. Ce texte illustre aussi la lutte des empires à la surface du globe, la préfiguration des blocs qui s'opposaient militairement et idéologiquement pendant la Guerre Froide et qui s'affrontent toujours.

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LE MEILLEUR DES MONDES | Aldous HUXLEY

Marquée par la crise de 1929, l’œuvre stigmatise les tendances modernes à la mécanisation (Fordisme), à l'uniformisation, au psychologisme imposé et au traitement systématique des névroses (Freud), à la surconsommation enfin. Eugénisme et hygiénisme imposent une solution radicale aux maux indissociables de toute vie en société. La prédestination sociologique est absolue puisqu’elle est génétique. Dès la conception in vitro, on sait qu’elles seront les aptitudes de l’individu créé.

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NOUS | Evgueni ZAMIATINE

Ce texte difficile, long poème en prose parfois proche du surréalisme, inspirera Huxley et son «Meilleur des mondes», Orwell et «1984», Boye et «Kallocaïne», Ira Levin et son «Bonheur insoutenable», Ann Rand et son court récit «Hymne». Plus largement, d’auteur en auteur, de récit en récit, ce sont presque tous les écrivain/es de dystopie qui sont redevables à Zamiatine.

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L’EPIDEMIE | Asa ERICSDOTTER

Ce roman dystopique se situe dans un pays vierge de tout reproche apparent mais connu pour son passé hygiéniste. La Suède de l'autrice franchit le pas vers une de ses obsessions : la forme, le bien-être, la santé. Pour cela, il lui faut combattre l'ennemi d'où viennent tous les maux de la société, l'obésité. Publié en 2016, avant les pandémies récentes et leurs cortèges d’injonctions souvent autoritaires, l’œuvre renvoie à l’actualité et fait peur.

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